Motion designers / Entrevues : Paul-Guilhem Repaux

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Quel âge as-tu ?

30 ans pile !

Où travailles-tu ?

En freelance actuellement, mais je songe à retourner en entreprise dans les mois qui viennent.

Un taf que tu as fait dont tu es le plus fier ?

Les artworks pour le jeu Routine, j’ai réussi à pousser ma réflexion sur le thème, développer un workflow pour le projet, un style, une narration visuelle. Je suis allé un peu plus loin.
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Le meilleur brief qui te serait proposé ?

Un titrage de film, de court, comme beaucoup de confrères, c’est une discipline qui me fascine.

Un taf en motion que tu as particulièrement apprécié ces derniers temps ?

Childline : First step de Buck
Buck est une usine à hits, avec une force de frappe en matière de production qui est monstrueuse. De la grosse 3d au tournage en passant par l’animation traditionnelle, je trouve qu’ici ils prouvent une fois de plus que la science ultime est de bien savoir raconter une histoire. Des griots balèzes en keyframe.

Un film à conseiller au cinéma ces derniers mois ? Pourquoi ?

« La grande bellezza », un film narrant la fatigue d’un playboy/écrivain italien qui se lasse des soirées huppées, de sa vie mondaine. Ca se passe à Rome, ville cinégénique par excellence, donc chaque image est belle, et le jeu de caméra est formidable avec des plans-séquence très particuliers.

Quelle est ta définition du motion design ?

Le métier est tout jeune, alors on dit « motion » à tout va et je pense que nous-même sommes souvent en difficulté lorsqu’il s’agit de synthétiser nos fonctions. Mais disons, pour moi, que c’est avant tout une capacité à traiter un sujet, raconter une histoire, et mettre en emphase leur sens en choisissant des codes visuels appropriés.
C’est mettre en image une idée, et faire en sorte qu’elle prenne chez le spectateur.
Après, si c’est animé, on parle d’animation, si c’est tourné, de film. Je pense que peu importe l’outil, le motion design n’est que réalisation.

Quel type de motion designer es-tu ?

J’ai commencé très jeune a bidouiller des images, comme Tim que tu as interviewé précédemment. Donc quand il a fallu des études, je me suis souvent perdu en chemin, et ai appris dans les domaines de la 3d, puis de la caméra, enfin du print.
Aujourd’hui j’accepte cette période d’errance car elle me permet de ne pas m’arrêter au format 720p demandé, je m’inspire toujours du papier, de la sculpture, de la peinture.
Et comme bien d’autres, j’ai soif d’apprendre, donc tutos en tous sens, expérimentation dans mon coin, pour devenir bon, je pense qu’il faut être en mode « atelier » dans ta tête, et ce, toute sa vie.

Où te vois-tu dans 5 ans ?

En agence/studio, à superviser des juniors, les aider à approfondir leurs propres talents tout en les cadrant sur les délais, l’esprit professionnel, l’appréhension d’un brief. Bref bosser en équipe et tirer le meilleur de mes petits camarades et de moi-même.

Bierre ou Mojito ?

Bière à Paris, Mojito à la plage !

Charcuterie ou fromage ?

Dur d’être Manceau et de pencher vers le frometon, j’ai Bordeau-Chesnel tatoué au dessus des fesses.

Pilule bleue ou pilule rouge ?
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J’ai jamais rien compris à Matrix ! Les deux !! C’est ça la bonne réponse ? J’ai gagné quoi ?

Le sais-tu, mais en 2007, dans les petites agences, Uzik et Duke (avant de se faire racheter par des américains) avait un point commun : L’indépendance. Pendant un temps ils étaient considérés comme des agences digitales au top (avec Publicis net et TBWA interactive). Comme on dit en com : « The place to be ». Il paraît qu’on ne sort pas indemne de ce genre d’ambiance : Raconte nous. Est-ce que tu es freelance aujourd’hui grâce (ou à cause de) à ça ?

J’ai eu en effet la chance de vivre de l’intérieur ces agences où, à un moment, elles dégageaient un sentiment de « politiquement incorrect » pour Duke, et « d’orfèvres » chez Uzik..
Ce fut évidemment très formateur, j’ai appris la rigueur dans mon travail chez Uzik, par le biais de mon mentor et ami Josué, aujourd’hui patron-associé d’Fcinq.
Puis chez Duke, je suis passé à un tout autre format, l’agence grossissait à vue d’oeil, de 80 à plus de 200 il me semble à mon départ. Je suis passé de la petite manufacture à la grosse entreprise bien huilée.
J’ai pu saisir les principes de l’offre et de la demande, l’importance de chaque maillon de la chaîne, des étapes de production, de l’appel d’offres à la livraison.
Tout junior, j’étais invité aux réunions, tout comme le big boss, et j’ai été impressionné de voir à quel point des marketeux peuvent être créatifs tout comme des créatifs peuvent avoir un sens aiguisé du business.
La clef de ces entreprises, à l’époque, était d’impliquer tout le monde, à tout niveau. Promouvoir la meilleur idée, la meilleure créa, ça motive, attention à ne pas tomber dans la guerrilla interne pour autant. On bosse mieux heureux.
Donc se confronter au début de son parcours professionnel à des structures d’échelles différentes est une très bonne chose, je le conseille à tous les jeunes diplômés.
On en revient à ta première question, le free m’a permis de m’aguerrir, maintenant je veux retrouver cette synergie de « team ».

Son dernier showreel :

Merci Paul pour cette entrevue 🙂

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