Président du studio BlackMeal / Blog sur les tendances du Motion Design et de la vidéo en général

Easter eggs / Signer sa création : Caméo, Cuir, Disney et Sexe.

Cela fait longtemps que je n’avais pas posté d’articles.
Il est important, pour beaucoup d’entres-nous, de signer sa création de manière furtive. Nous appelons cela des easter eggs (oeufs de Pâques)
Généralement, il n’y a que nous pour y faire attention.

Je divise les easter eggs de 3 manières :
1 * La signature classique de l’artiste
2 * Le jeu avec les spectateurs
3 * L’intégration d’images et de messages tendancieux, pour faire rire la galerie

1 * Commençons par la signature classique d’une oeuvre, que l’on peut, encore, diviser en deux parties.
– Le Caméo
– Le Symbole

– Caméo ? Rien à voir avec Dragon Ball… (ok … facile)
Caméo de l’anglais « cameo appearance » est un terme qui serait apparu dans le monde du théâtre au milieu du 19ème siècle. Cela désigne l’apparition, dans une scène, d’une personnalité, d’un acteur ou d’un réalisateur, alors que l’on ne s’y attend pas. Dans la majorité des cas, c’est la signature de l’artiste : à ne pas confondre avec la « participation exceptionnelle » ou la notion de
« guest star ». Ces apparitions ne sont pas créditées sur l’affiche.
L’exemple le plus flagrant est l’apparition d’Alfred Hitchcock dans ses films.

Le réalisateur M. Night Shyamalan a décidé de reprendre ce concept dans la totalité de ses … films (Si on peut appeler cela des films …)

– Le symbole
Insérer un symbole auquel on tient, qui en devient une signature tout au long de sa carrière.
L’exemple qui me vient immédiatement à l’esprit c’est le réalisateur chinois John « Bay Bay Boom » Woo.
John Woo … Monsieur « doubles fligues, Cuir, pas de moustaches mais des lunettes de soleil, églises et colombes blanches »
La colombe est le symbole de la paix et chez John Woo, elle symbolise le dernier souffle, le dernier espoir, la dernière chance. Elle apparaît, logiquement, à la fin d’une action, quand la moitié de la ville est détruite, qu’il n’y a plus de chargeurs et que le gros méchant lance un dernier regard « ultimate bastard! »

2 * Jouer avec les spectateurs
C’est une sorte de jeu qui s’est installé entre certains réalisateurs et leur public. On pense immédiatement à Disney et Pixar et surtout au fameux A113, numéro en hommage à la salle de classe de CalArts, école où ont travaillé de nombreux dessinateurs, réalisateurs et animateurs de Walt Disney (Brad Bird, John Lasseter, Tim Burton, Donald W. Graham, etc)
La salle A113 était celle de John Lasseter (président de Pixar… mais était-ce utile de le signaler)
Ce nombre apparaît dans tous les Pixar (mis a part dans « Les indestructibles », ce qui est étrange … car c’est un film réalisé par Brad Bird qui était également dans cette salle)
Nous savons aujourd’hui, que lorsqu’un Pixar est de sortie, nous pouvons commencer à chercher de nombreux easter eggs : hommages, références, clins d’oeils à d’autres films, etc.
C’est devenu le nouveau : « Où est Charlie ? »



Les studios Disney sont des habitués de cette pratique. Dans les parcs d’attractions, nous sommes même invités à découvrir les différentes références éparpillées dans le décors et notamment : les oreilles de Mickey

Je pense que nous pouvons en découvrir, encore aujourd’hui, dans les différents longs métrages de Disney

3 * Intégrer des images/messages tendancieux pour faire rire la galerie
Certains animateurs aiment prendre des risques …
J’avais une dizaine d’années lorsque j’ai découvert pour la première fois un easter egg. Vous les découvrez, par moment, en fermant les yeux et en les rouvrant sur une image subliminale : ça fait « tilt ». C’était quoi ce truc ?
J’étais en train de regarder le dessin animé d’Asterix et les indiens. Je rembobine la cassette (Oui ! Du verbe « rembobiner », VHS 1996) et je mets la vidéo au ralenti (Super magnétoscope, qui devait coûter un bras, à l’époque : 8000 francs me dit mon père …. Oui … des francs… c’était avant l’euro, hein …)
Miracle ! un easter egg !


J’étais très fier de ma découverte. J’ai appelé mes parents, mes amis et j’en ai parlé pendant 6 mois.

Et Disney dans le tas ?
Disney et les références sexuelles … ce n’est pas nouveau… comment voulez-vous travailler dans le monde des Bisounours, toute votre vie, sans péter un plomb ?
Je vous redirige vers cet article de 2008 : Féminité, sensualité et sexualité chez Disney

« En 1977, “Les Aventures de Bernard et Bianca” sort au cinéma, au rhytme de 24 images /seconde. A cette vitesse, impossible pour le commun des mortels d’apercevoir une femme nue à la fenêtre d’un immeuble le temps de 2 images, soit 1/12 de seconde (!)… surtout que la scène en question va très vite puisque nos 2 héros subissent un vol mouvementé avec ce cher Albatros. Ces images imperceptibles à l’oeil sont communèment appelées “images subliminales”.
C’est dans les années 90 que le scandale éclate ! En effet, les particuliers ont désormais la possibilité de voir et revoir leurs dessins-animés préférés à domicile grâce au magnétoscope. Pour peu que vous utilisiez la fonction image par image pour scruter le moindre détail présent sur la bande de votre VHS, vous tomberez nez-à-nez avec cette femme exhibitionniste qui expose son anatomie aux spectateurs !
Bien entendu, Disney a compris la leçon et a vite rappelé les quelques 3,4 millions de cassettes vidéos présentant le vice sur le marché et proposé une nouvelle version au public, allégée de cette image. »

Les inscriptions SEX qui se baladent à droite, à gauche sur les images… et en particulier sur les moulures des cadres des tableaux : La belle et la bête, Pocahontas ; la fameuse érection du prêtre dans la petite sirène (même si Disney se défend en disant que c’est un genoux … mouais) … et j’en passe des tonnes.
Vous savez ce qu’il vous reste à faire, amis motion designers : signez vos travaux !

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