Président du studio BlackMeal / Blog sur les tendances du Motion Design et de la vidéo en général

Un siècle d’effets spéciaux [Part 01]

Tout d’abord, désolé de ne pas avoir posté depuis un certain temps mais disons, que ces dernières semaines, ma vie professionnelle s’est, quelque peu, transformée… j’ai quitté TBWA\Paris et créé mon agence.

L’histoire ! C’est ce qui nous remet à notre place, quand on commence à prendre la grosse tête où à devenir fou. Se rappeler de nos Pères est essentiel pour notre développement. Voilà … ça c’est dit. En d’autres termes : vous ne pouvez pas parler de motion design sans connaitre tous les films qui vont suivre.
Je ne me risquerai pas à dire qui est à l’origine des VFX, au risque de relancer la guerre franco-américaine sur le sujet du cinéma, du dessin animé et des effets visuels…

Accrochez votre parachute ! et prenez une petite pause d’une heure :

C’est parti !

(si vous voyez un lien mort, merci de me le signaler)
 
James Stuart Blackton : The Enchanted Drawing 1900
J’ai vu de très nombreux articles qui se trompent sur la vidéo qui va suivre. Thomas A. Edison est très important dans l’histoire du cinéma et de l’animation car c’est l’inventeur de nombreux appareils électriques qui ont aidé les cinéastes dans la création de leurs films (Le Vitascope, Le Kinetoscope, Le Kinetophone, etc), mais il n’est pas réalisateur ou animateur.
James Blackton utilise le Vitascope pour faire ses animations. Il est considéré, aux USA, comme le créateur du dessin animé. Sa technique est celle du stop motion (ou stop action), inventée 4 ans plus tôt, en 1896, par le français Georges Méliès (ci-dessous)
Je vous ai rajouté le film de 1906 de James Stuart Blackton : Humorous Phases of Funny Faces, c’est l’exemple parfait du stop motion.


 

Georges Méliès : Le voyage dans la Lune 1902
Le Voyage dans la Lune est un film français de Georges Méliès, adapté du célèbre roman de Jules Verne, De la Terre à la Lune (1865) et Les Premiers Hommes dans la lune de H. G. Wells (1901). Il faut savoir qu’a cette époque, ce film, de 16 minutes, était considéré comme un long métrage…
Georges Méliès est appelé : Le père des trucages cinématographiques, l’inventeur du stop motion. Il se démarque des autres réalisateurs de l’époque par son imaginaire et son univers fantastique. Comme beaucoup des plus belles créations de l’histoire, Méliès découvre le premier trucage vidéo en faisant une mauvaise manipulation. Son appareil (le Kinétograph 1896) se bloque alors qu’il est en train de filmer un bus. Il se remet à tourner une minute plus tard, une fois l’appareil réparé. Lorsqu’il développe son film, il voit son bus se transformer soudainement en corbillard … tilt !
Le film dans sa version couleur vient d’être restauré (Novembre 2010). Il a été diffusé en avant-première au festival de Cannes 2011. 13 375 images du film ont été retravaillées une par une… j’ai hâte de voir ça. J’ai trouvé une version youtube où nous avons la chance d’avoir une bande son et des commentaires.

 

Segundo de Chomón : La maison Ensorcelée 1907
Segundo de Chomón (connu également sous Chomont ou Chaumont) est un opérateur et réalisateur espagnol. Il travaillait en France avec les Frères Pathé dès le début des années 1900. Il est l’inventeur de nombreux trucages grâce à la prise de vue image par image.

 

Dave et Max Fleischer : The tantalizing fly out of the inkwell 1919
En 1914, ils créèrent le rotoscope (et oui ! La rotoscopie), un appareil révolutionnaire qui permet d’intégrer du dessin animé dans de la vidéo. Ce sont les fondateurs du studio « Out of the Inkwell » renommé en 1929 « Fleischer studios ». Betty Boop, c’est eux.

 

Charley R. Bowers : Now You Tell One / Non tu exagères ! 1926
Ahhh l’époque ou c’était la classe d’écrire les cartons en français, tout se passait en France ! le cinéma, les effets spéciaux ! (Ok, je pose les armes …) Charley R. Bowers est réalisateur et acteur américain. il est un des pionniers du film d’animation et du cartoon, connu en France sous le surnom de Bricolo.

 

Fritz Lang : Metropolis 1927
Fritz Lang est un réalisateur allemand d’origine autrichienne. C’est la période du cinéma expressionniste allemand. Les effets spéciaux gagnent leurs lettres de noblesses grâce à ce film, Fritz Lang étant très respecté par ses pairs de la Nouvelle Vague (Claude Chabrol, Jean-Luc Godard, etc). De nombreuses techniques d’effets spéciaux sont alors mises sur le devant de la scène : La superposition de calque, l’effet Schüfftan (de son inventeur Eugen Schüfftan) qui permet, grâce à un jeu de miroirs inclinés, de mélanger dans une même prise de vue, des décors de taille réelle et des maquettes, donnant ainsi l’illusion d’un décor continu, le matte painting, le pepper’s ghost (de son inventeur John Pepper. La technique est simple : on place devant une scène ou un fond quelconque, une vitre ou une toile inclinée invisible aux yeux du spectateur)

 

Merian C. Cooper et Ernest B. Schoedsack : King Kong 1933
On ne peut pas parler d’effets spéciaux si on ne parle pas des animatroniques (Une technique qui consiste à animer une créature robotisée pour lui donner une apparence de vie). King Kong en est le parfait exemple. Linwood G. Dunn est le responsable des trucages. Pour l’arrière plan et les plan larges, Dunn utilisent des animations image par image et diverses techniques de surimpressions. Pour les plans serrés et les gros plans, il utilise une marionnette. En mélangeant ces deux techniques d’effets spéciaux, Dunn fait de King Kong un des films les plus impressionants du milieu du 20ème sciècle… une sorte d’Avatar (James Cameron) des temps passés.

 

James Whale : The invisible man 1933
James Whale est un cinéaste britannique. on le connait également surtout pour son chef d’oeuvre : Frankenstein (1931)
Ce film est inspiré du roman de H. G. Wells (encore). Une nouvelle technique voit le jour dans ce long métrage : L’incrustation (intégrer dans une même image des objets filmés séparément)
Le responsable des effets visuels n’est autre que John P. Fulton (La Momie, Fenêtre sur cour, etc). Sa technique est simple : L’acteur est filmé sur fond noir, son corps ayant été recouvert d’un tissu noir. Les vêtements de couleurs claires sont les seuls à être imprimés sur la pellicule. Fulton se sert de cette scène comme d’un masque, qu’il vient superposer à un décors, filmé précédemment. On appelle cela le « cache contre cache »

 

Victor Fleming : The Wizard of Oz 1939
Il fait partie des premiers longs métrages en couleurs (technicolor). Les effets spéciaux sont signés A. Arnold Gillespie, un vieux de la vieille dans le domaine. On lui demande de réaliser des VFX qui n’existent pas encore : une tornade, une sorcière en train de fondre, des singes volants… pour cela, Gillespie mélange plusieurs techniques : Maquettes, miniatures, décors peints, ralentis, etc. Le plus impressionnant reste, pour moi, la scène de la tornade.

 

Orson Welles : Citizen Kane 1941
Orson Welles est une personnalité à part … il annonce, avant sa diffusion, que son film est un chef d’oeuvre … et il avait raison. Citizen Kane est considéré comme le plus grand chef d’oeuvre cinématographique américain de tous les temps. Sur ce film, le responsable des effets visuels s’appelle Vernon L. Walker. Ce qui marquera l’histoire des vfx, dans ce film, ce sont les échelles de plans. Walker réussit à avoir 3 personnages nets à l’écran sur 3 échelles de plans différentes… chaque partie d’image a été filmée séparément puis rassemblée. Une sacrée performance pour l’époque.

 

H. Bruce Humberstone : Wonder Man 1945
Oscar des effets visuels en 1945. C’est le premier long métrage qui met en scène une duplication de personnage où l’acteur se parle à lui-même.

 

Harve Foster & Wilfred Jackson (Walt Disney studios) : Song of the South 1946
C’est la première fois que les studios Disney mettent à égalité la prise de vue réelle et le cinéma d’animation. Ce film marque le début d’un nouvelle ère au sein des studios Disney et dans le monde du cinéma en général : le mélange de l’animation et de la prise de vue réelle devient un genre cinématographique.

 

Irving Pichel : Destination Moon 1950
il est considéré comme le premier film de science-fiction d’inspiration hard science (caractérisée par son exigence forte de cohérence avec la réalité et la possibilité technique)

 

Byron Haskin : The War of the Worlds 1953
Inspiré d’un roman de H. G. Wells (Mais oui !!! encore). Le responsable des effets visuels est Gordon Jennings, déja oscar en 1951 pour les vfx de « When Worlds Collide » produit également pas Georges Pal. Il reçu son 3ème oscar pour ce film, mais il mourra quelques mois avant de le savoir.

 

Richard Fleischer (Walt Disney studios) : 20,000 Leagues Under the Sea 1954
Ce film est inspiré du roman de Jules Vernes. John Hench et Josh Meador étaient responsables des vfx sur la plus part des films des studios à cette époque. John Hench fut une personnalité chez Disney… il y a travaillé pendant plus de 60 ans en temps que directeur artistique, illustrateur. Il était le peintre officiel de Mickey Mouse.
Josh Meador était déjà en charge des effets spéciaux du film « Song of the South » de 1946. C’était un très grand animateur qui travailla sur la plus part des films d’animation de Disney (de 1936 à 1965 et notamment sur Fantasia)

 

Fred McLeod Wilcox : Forbidden Planet 1956
Ce traveling texte du générique me fait penser à quelques chose … 20 ans avant Starwars… Georges Lucas a dut s’inspirer de pas mal de petites choses de ce film… vous me direz.
Ce film de 1956 est inspiré de « la Tempête » de William Shakespeare (si c’est bien lui l’auteur ;D). Avec 2001, l’odyssée de l’espace, il est l’un des deux films de science-fiction qui ont le plus durablement marqué le genre (SF) et leur époque. C’est une nouvelle fois A. Arnold Gillespie (The Wizard of Oz) et Joshua Meador (20,000 Leagues Under the Sea) que l’on retrouve au générique des effets visuels.
Petite note : Robby The Robot coûta à l’époque 125 000 $ à construire.

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